In: Stad
12 jul 2010
Lors de la séance du Conseil communal de la Ville de Luxembourg du 12 juillet 2010, le groupe socialiste a voté contre la proposition de principe, soumise par le collège échevinal, qui consiste en la privatisation des réseaux d’électricité et de gaz de la Ville et leur incorporation, tout comme celle du Luxembourg Energy Office (LEO), dans Creos et Enovos respectivement, et ce pour plusieurs raisons.
Ainsi, la proposition du collège échevinal ne représente pas une proposition digne de l’importance des enjeux dans ce dossier. En effet, la décision qu’est appelée à prendre le Conseil communal sur l’avenir des réseaux électricité et gaz ainsi que sur les activités commerciales en la matière, constitue une décision stratégique avec un impact très important pour les années et même décennies à venir.
Même si les premiers éléments dans ce dossier datent de 2000 et que le collège échevinal a tardé pendant 10 ans pour se former une opinion en la matière, au conseil communal un débat d’orientation stratégique avec une discussion de fond sur les différentes options n’a jamais eu lieu. Or, sans une telle analyse et discussion, les « Stater Sozialisten » ne sauraient donner leur accord dans un dossier d’une telle importance.
Encore lors de sa séance du 3 mai 2010, le Conseil communal avait, dans une motion fortement amendée et améliorée par le LSAP et qui a été adoptée à l’unanimité, encouragé « le collège échevinal à étudier et présenter les solutions possibles pour répondre aux obligations légales dans les meilleures conditions pour les clients et pour les finances communales ». Il a invité « invite le collège échevinal à faire décider par le conseil communal de la voie à suivre sur base des différentes alternatives possibles, après avoir entendu les délégations des fonctionnaires et des salariés en leurs avis ».
Ce n’est cependant que suite à une nouvelle question urgente du conseiller communal Marc Angel en date du 25 juin 2010 que le collège échevinal a daigné y donner partiellement suite, et a organisé lieu une présentation aux membres de trois commissions consultatives sans pour autant fournir une véritable analyse de fond et d’impact des différents alternatives. C’est à cette occasion seulement, et sur initiative du groupe socialiste, que les délégations des fonctionnaires et des salariés de la Ville ont été entendus en leurs avis.
Jusqu’à aujourd’hui, une analyse et un débat de fond sur différentes alternatives possibles fait défaut. Or, l’on ne saurait cependant nier qu’une décision d’une telle importance ne peut être prise que si les différents éléments de solution ont été présentés et discutées ce qui n’est pas le cas en l’occurrence.
Les « Stater Sozialisten » ne peuvent donc pas approuver la démarche du collège échevinal qui, au lieu de débattre les mérites des différentes options, semble simplement vouloir recevoir un chèque en blanc et se débarrasser ainsi d’un dossier politiquement embarrassant le plus rapidement possible. Ce dossier et ses enjeux mériteraient mieux.
En outre, les « Stater Sozialisten » doutent de la sagesse de la solution proposée par le collège échevinal qui consiste à vouloir privatiser un service public très important de la Ville. En effet, les « Stater Sozialisten » ne sont pas convaincus de la nécessité et de l’utilité d’une privatisation pleine et entière de services publics de la Ville. Ainsi, il faut se demander quels sont les limites d’une telle privatisation et quels seront les services publics privatisés demain. Les « Stater Sozialisten » redoutent et mettent en garde contre une forte dégradation en termes de qualité et de sécurité des services publics pour les citoyens de la Ville.